27 novembre 2008
Où va la crise ?
Face au séisme actuel et au délire des marchés, un peu de recul est nécessaire pour comprendre les racines sociales de la crise. C’est d’autant plus nécessaire que les enjeux sociaux de la récession qui vient sont considérables.
Une crise à plusieurs étages
La crise actuelle n’est pas qu’une crise financière. Elle combine différents éléments qu’il faut prendre dans leur totalité pour en comprendre la profondeur. Pour aller à l’essentiel, c’est une crise qui touche aux fondements mêmes du capitalisme. Tout commence avec le grand tournant des années 80, marqué à l’intérieur de chaque grand pays capitaliste par une dégradation du rapport de forces entre capital et travail au détriment des salariés. Un nouveau mode de répartition se met en place qui s’appuie sur la baisse tendancielle de la part des richesses produites revenant aux salariés [1]. Le taux de profit se rétablit mais ne conduit pas à une augmentation comparable du taux d’accumulation [2]. Autrement dit, la part du profit non investi s’accroît et engendre un flux permanent de « capitaux libres » prenant la forme d’actifs financiers à la recherche d’une rentabilité maximale.
La mondialisation a renforcé ce processus : la liberté de circulation des capitaux, la déréglementation bancaire, le recours aux délocalisations, ont permis d’aggraver la pression sur les salaires. En revendiquant une hyper- rentabilité maximale, la finance impose ses critères et réduit les projets d’investissement considérés comme suffisamment rentables.
Une première interprétation consiste à distinguer le « bon » capitalisme productif du « mauvais » capitalisme financier. La finance est alors présentée comme un parasite, une excroissance, qu’il suffirait d’éliminer ou de « réguler » pour revenir à un fonctionnement « normal » du capitalisme. Nous pensons au contraire que le capitalisme contemporain est un « pur capitalisme » en ce sens que la finance n’est pas une distorsion mais au contraire le moyen pour qu’il fonctionne pleinement selon ses propres critères : l’essence du capitalisme est toujours la recherche d’un profit maximum qui passe par l’exploitation des travailleurs et il a toujours eu comme vocation de s’étendre à l’ensemble du monde. Mais le roi est nu : le capitalisme préfère ne pas répondre aux besoins sociaux insuffisamment rentables plutôt que de risquer de voir baisser le taux de profit.
La crise financière résulte au fond d’une revendication impossible du capital, celle d’obtenir pour l’ensemble des capitaux investis une rentabilité alignée sur les rendements que les actifs financiers procurent sur certains segments. Mais la loi de la valeur intervient périodiquement pour rappeler que le volume des richesses produites est borné par l’extraction de plus- value, bref qu’on ne peut pas distribuer plus de richesses qu’on en produit. Les actifs financiers ne sont au fond que des droits de tirage sur la plus- value. Leur valeur nominale est en un sens virtuelle car seule compte l’épreuve de leur conversion en biens réels, ce qu’en paraphrasant Marx, on pourrait appeler le grand saut périlleux du monde du capital fictif dans celui de la marchandise.
Tout ceci n’a rien d’abstrait et correspond à l’expérience qu’ont déjà connue et risquent de connaître à nouveau les salariés dont les retraites dépendent du destin des fonds de pension. Pour eux, le saut périlleux se fait quand ils font valoir leurs droits à la retraite et découvrent que leur niveau réel dépend des cours de Bourse du jour. Une analyse récente nous apprend ainsi qu’au cours des quinze derniers mois, la crise financière a entraîné aux Etats-Unis une perte de 2000 milliards de dollars pour les fonds de pension [3].
Politiques néo-libérales et « techniques » financières Pour que la bulle puisse prendre son essor, les capitaux disponibles ne suffisent pas ; il faut aussi que la réglementation n’y fasse pas obstacle. Or, elle a été tournée par des décisions d’ordre politique et par la mise en oeuvre d’innovations financières sophistiquées et de pratiques de plus en plus opaques. On peut citer l’effet de levier qui permet de démultiplier la somme dont une institution financière dispose initialement. Les produits dérivés permettent des opérations compliquées d’achat et de vente à terme. Les banques peuvent se débarrasser de leurs créances douteuses en les plaçant avec d’autres dans une sorte de pochette-surprise qui peut ensuite être vendue sous forme de titre (d’où le terme de titrisation). Le risque attaché aux différentes créances se met à circuler et ne fait plus partie du bilan, échappant ainsi aux règles prudentielles qui imposent une certaine proportion de fonds propres.
La crise des subprimes a éclaté sur un segment relativement étroit, celui des prêts consentis à des ménages pauvres et garantis par la maison qu’ils achetaient. Ces contrats étaient de véritables escroqueries puisque les banques savaient pertinemment qu’ils ne seraient pas remboursés. Mais la titrisation permettait de s’en débarrasser. Le retournement du marché immobilier a coïncidé avec les premières faillites de ménages : la vente des maisons sur lesquelles étaient gagées ces créances pourries n’était plus possible, ou à un prix qui ne couvrait plus le crédit initial. La crise immobilière a ensuite déclenché une réaction en chaîne : les banques ont découvert leurs pertes l’une après l’autre, ont été progressivement dans l’incapacité d’obtenir de nouvelles sources de financement pour couvrir ces pertes. Pour enrayer une série de faillites en cascade, les Banques centrales et les gouvernements ont injecté de l’argent ou « nationalisé » une partie des banques.
Une crise mondiale
Déréglementation, mondialisation et financiarisation vont de pair. Ce qu’il y a de nouveau dans la phase actuelle de la mondialisation, c’est qu’elle concerne la production qui se fait à cheval sur plusieurs pays ou continents et qu’elle met directement en concurrence les salariés du monde entier. Cela suppose une liberté totale de circulation des capitaux dont l’un des aspects est la déréglementation qui leur permet effectivement d’aller et de venir à leur guise. La financiarisation décuple les effets classiques de la concurrence en permettant aux capitaux « libres » de faire pression pour atteindre la rentabilité maximale.
Cette crise est la première à revêtir un caractère mondial. Elle a cependant pris naissance au sein de l’économie la plus puissante et on peut affirmer qu’elle marque la fin d’un modèle. Depuis au moins quinze ans, la croissance des Etats-Unis était en effet fondée sur une tendance à la surconsommation financée par le reste du monde. A l’intérieur, le taux d’épargne des ménages baisse constamment depuis une dizaine d’années et il est aujourd’hui à peu près nul. Ce dynamisme de la consommation était de surcroît renforcé par l’endettement. Cette configuration se solde sur le déficit commercial qui s’est creusé à proportion de cette surconsommation. Le modèle ne pouvait tenir qu’à la condition que le déficit soit financé par des entrées de capitaux en provenance des pays à excédent (pays émergents et/ou producteurs de pétrole) [4].
On constate que le modèle US repose sur une double imbrication de la finance et de l’économie réelle. A l’intérieur, c’est le crédit hypothécaire et l’enrichissement patrimonial qui ont tiré la consommation ; à l’extérieur, ce sont les capitaux qui l’ont financé. Ce modèle n’était pas soutenable, comme le montraient aux Etats-Unis mêmes des économistes simplement lucides. Il n’a a pu se maintenir aussi longtemps que par une véritable fuite en avant qui explique l’ampleur de la crise actuelle. La précédente a été l’éclatement de la « bulle Internet » en 2000. Ce choc considérable a été amorti par un ensemble de mesures dont les principales ont été l’augmentation des dépenses militaires et la baisse du dollar. D’une certaine manière, les facteurs de domination politique et militaire des Etats-Unis venaient se substituer à une domination strictement économique en perte de vitesse.
Ce modèle ne peut plus fonctionner, et il n’y a pas à horizon prévisible de modèle de rechange. L’une des lignes de force de la période ouverte par la crise est alors la suivante : faute de pouvoir rééquilibrer leur modèle de croissance, les Etats-Unis vont chercher à reporter sur le reste du monde les coûts d’une incertaine transition. C’est sur le cours du dollar que vont se cristalliser les tensions prévisibles, parce que sa baisse risque de peser sur l’activité économique en Europe et de décourager l’afflux de capitaux qui reste nécessaire. Il est difficile de mieux préciser les contours de cet « ajustement » mais il est sûr que l’évolution économique mondiale sera en grande partie déterminée par les mesures prises aux Etats-Unis pour imposer au reste du monde les coûts de la sauvegarde de leur domination.
La trajectoire de la crise
Au moment où ces lignes dont écrites (11 Octobre), la situation est une véritable débâcle, puisque la chute des cours boursiers n’a pu être enrayée par une longue série de mesures et de prises de position sans précédent : le plan Paulson a été voté, des sommes considérables ont été injectées, des nationalisations partielles sont intervenues, et les principales banques centrales ont de manière coordonné baissé leur taux d’intérêt d’un demi- point. Que tout ceci soit resté n’est pas facile à expliquer. On assiste sans doute à un bras de fer entre les autorités et un certain nombre d’intervenants qui en veulent encore plus sous forme d’argent frais ou de reprise de leurs actifs pourris. Certaines banques tablent probablement sur la possibilité d’en racheter d’autres à un prix encore plus bradé.
Mais le panorama général est celui d’une véritable panique qui gagne les dirigeants. Que Jean-Claude Trichet, le président de la Banque centrale européenne, ait pu s’adresser aux marchés en leur disant « reprenez vos esprits » en dit long sur cet état de désarroi qui n’est pas feint. Mais il y a quelque chose de rationnel dans cette panique, c’est l’intuition que derrière la crise financière se dessine une véritable crise économique. C’est probablement le fait que la récession a déjà pris le relais du krach boursier qui fait obstacle à une sortie de la crise financière que l’on pouvait raisonnablement attendre compte tenu de l’ampleur des différents plans de sauvegarde.
Le spectre de 1929 est en train de réapparaître. Jusque là, beaucoup d’observateurs pouvaient à juste titre souligner la différence avec 1929 : les gouvernements et les autorités financières avaient cette fois pris la mesure de la crise et leur intervention empêcherait qu’elle suive le même scénario qu’en 1929. Ce n’était pas faux, mais l’incapacité de ces interventions à mordre sur la situation et à faire repartir les Bourses à la hausse conduit à changer de perspective.
Ce qui est dorénavant à l’ordre du jour, c’est la récession économique tout court. Le FMI vient de réviser en baisse ses prévisions [5] : en 2009, la croissance serait à peu près nulle (0,5 %) dans les pays développés après un fort ralentissement en 2008 (1,5 %). La croissance mondiale, soutenue par les pays émergents et en développement ralentirait à 3 %. Pour le FMI, « la reprise n’est pas encore en vue » et ne pourra être que « graduelle quand elle arrivera ». Un tel scénario est qualitativement le seul que l’on puisse avancer. Il arrivera bien un moment où les Bourses vont toucher le fond et commencer à remonter, sans que l’on puisse dire aujourd’hui quel est le degré nécessaire d’intervention publique qui sera nécessaire. Mais la sortie de la crise financière sera, et est déjà, extrêmement coûteuse et la récession prendra immédiatement le relais. C’est lecredit crunch (personne ne veut plus prêter à personne) qui assure l’interface entre les deux crises. Les restrictions de crédit aux ménages s’ajoutent à la baisse du pouvoir d’achat, l’activité des entreprises est bloquée par le manque de crédit, et ce phénomène touche en ce moment des géants industriels comme Ford ou General Motors, déjà menacés par la chute de leurs ventes.
Contrairement à d’autres épisodes similaires mais de moindre ampleur, le retour à la normale prendra un temps proportionnel aux sommes englouties, et le plus probable est un scénario à la japonaise. La crise bancaire et immobilière du début des années 1990 avait débouché sur une décennie de croissance à peu près nulle de l’économie japonaise. A cette différence près cependant : on avait pu invoquer dans le cas japonais des erreurs de politique économique, alors que le facteur principal de blocage sera la difficulté de définir une configuration cohérente de l’économie mondiale. La crise est en effet une crise structurelle qui rend impossible le retour aux modèles de croissance suivis par les Etats-Unis et l’Union européenne et même, à un horizon plus incertain, par la Chine.
Les enjeux sociaux
Une grande incertitude pèse donc sur la trajectoire de l’économie mondiale. Mais une chose est sûre : les classes dominantes vont tout faire pour reporter les effets de la crise sur les salariés et sur la majorité de la population. La facture de la crise financière et la récession vont se combiner pour peser sur l’emploi, le pouvoir d’achat et sur les budgets sociaux. Pour empêcher les capitalistes de rétablir leurs profits au détriment du bien-être social, il existe alors deux principaux axes de riposte.
Le premier est la nationalisation intégrale des banques et des assurances. Il ne s’agit pas ici de faire de la surenchère mais d’apporter une réponse simplement cohérente à la crise financière. L’argent public des différents plans de sauvegarde risque de ne servir qu’à racheter les titres « toxiques » qui ont déclenché la crise. Il serait trop facile que les banques et autres institutions financières voient leurs pertes couvertes par des fonds publics tout en conservant leurs profits. Or, c’est bien la fonction, par exemple, du plan Paulson aux Etats-Unis, comme le montre un économiste de banque français, peu suspect d’anticapitalisme [6].
Une nationalisation qui ne soit pas partielle et ne se limite pas à des prises de participation provisoires permettrait seule de vraiment « ouvrir les livres de compte », de consolider les créances croisées, de sauver les victimes de l’escroquerie dessubprimes plutôt que de préserver les profits bancaires. Les avocats de la finance reconvertis n’ont qu’un mot à la bouche, celui de régulation. Mais les régulations qui existaient ont toutes été tournées par des innovations financières de plus en plus sophistiquées et il n’existe pas d’autorité pour les faire appliquer au niveau mondial. Il faut évidemment soutenir des mesures comme l’interdiction des paradis fiscaux mais on ne peut faire confiance aux autorités monétaires pour réguler durablement la finance.
Outre la maîtrise qu’elle permet, cette nationalisation devrait déboucher sur la création d’un pôle financier public, reconnaissant ainsi que le crédit et l’assurance relèvent du service public. La crise actuelle a démontré que la finance privée conduit à la catastrophe sociale. Reste en somme à réhabiliter l’idée d’un crédit durablement nationalisé, ce qui n’est possible que si est mise en place une gestion démocratique plaçant le crédit au service des priorités sociales.
Le second axe porte sur la répartition des richesses et repose sur une idée simple. S’il y a récession, il serait intolérable que les salariés subissent une nouvelle dégradation de leur situation, uniquement pour que les entreprises puissent continuer à verser des dividendes. Le moyen le plus lisible d’affirmer cette exigence est de proposer un plan de transfert des dividendes vers un fonds pour l’emploi et les salaires, géré lui aussi sous contrôle des travailleurs. Dans le même temps, et il s’agit d’une mesure d’urgence minimale, le maintien du pouvoir d’achat devrait être garanti par l’échelle mobile des salaires, autrement dit par leur indexation sur les prix.
Dans les deux cas, un principe essentiel doit être défendu, c’est celui du contrôle démocratique. Il correspond à l’idée parfaitement légitime selon laquelle les salariés n’ont pas à faire les frais du sauvetage du capitalisme et qu’ils doivent donc avoir un droit de regard sur les mesures prises et sur la répartition des richesses. La crise du capitalisme n’implique pas mécaniquement un meilleur rapport de forces en faveur des travailleurs ; elle a au contraire toutes les chances d’être le prétexte à de nouveaux reculs sociaux. Mais la déconfiture du système ouvre en même temps un espace nouveau aux luttes sociales qui seront d’autant plus victorieuses et porteuses d’avenir qu’elles prendront une dimension anticapitaliste affirmée.
HUSSON Michel
Source: http://lagauche.canalblog.com/
21 avril 2008
Soleil vert
Soylent Green (Soleil Vert) est un film américain réalisé par Richard Fleischer.
Date de sortie : 26 Juin 1974 Réalisé par Richard Fleischer Avec Charlton Heston, Edward G. Robinson, Leigh Taylor-Young Durée : 1h 37min. Année de production : 1973 Titre original : Soylent Green Existe en DVD
C'est un film souvent considéré comme annonciateur, car dans les années 70, les problèmes écologiques étaient déja posés. Le film est considéré aujourd'hui encore comme d'actualité, à cause des nombreux problèmes que connait la Terre (épuisement des ressources, famines, pollution, etc... ).
Source : http://fr.wikipedia.org/wiki/Soleil_vert_(film) Soylent Green (Soleil Vert)
Soleil vert, comme 2001 : l'odyssée de l'espace , Orange mécanique ou THX 1138, fait partie de ces films d'anticipation « intellectuels », prophétiques, inspiré par un avenir lourd de menaces, en l'occurrence celle de la surpopulation et de l'épuisement des ressources naturelles. Mais Soleil vert est devenu un classique, et reste l'un des films d'anticipation les plus sombres jamais réalisé. Il exprime parfaitement la peur, selon les mots de Krishnamurti, de « vivre dans un monde semblable à la mort ».
Le film:
Soleil vert se déroule en l'an 2022, le monde est baigné d'une étrange lumière jaune, qui a détruit animaux et végétaux. Très peu de terres sont encore cultivables et les habitants qui n'ont pas les moyens d'acheter des aliments mangent un aliment de synthèse, le Soleil. Les émeutes sont fréquentes et sévèrement réprimées.
Après le meurtre d'un des dirigeants de la société Soylent, qui produit le Soleil, un policier en charge de l'affaire, va découvrir que ce dernier n'est pas fabriqué à base de plancton comme le veut la version officielle...
Un extrait du film en français:
http://www.dailymotion.com/video/x4vki2_soleil-vert-1973_shortfilms
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Et aujourd'hui en 2008 ..... Il se passe ceci......
Emeutes de la faim
Toutes les populations sont touchées par la hausse des prix et particulièrement par la hausse des prix des denrées élémentaires. Chez nous, la perte de pouvoir d’achat frappe évidemment d’abord les plus pauvres. Dans d’autres pays du monde, la situation est plus dramatique encore. Il y a des manifestations, des grèves et même des émeutes dans certains pays. Dans beaucoup de pays d’Asie, les rizières sont surveillées pour éviter les vols. Au Mexique, en Egypte, au Burkina Faso, il y a eu de grandes manifestations.
Un problème grave
En 1996, lors d’un sommet des Nations Unies, les dirigeants des pays du monde constataient que, sur la planète, 800 millions de personnes souffraient de la faim. Ils avaient pris l’engagement de diminuer ce nombre de moitié (400 millions de personnes) d’ici 2015. Il faut bien reconnaître que l’on n’en prend pas le chemin. La FAO, organisation des Nations Unies pour l’alimentation, avait tiré la sonnette d’alarme, il y a plusieurs mois. La FAO s’inquiète parce que les prix des denrées alimentaires augmentent et que l’aide au développement diminue. La situation actuelle est très grave. Il y a plusieurs causes à cette hausse des prix et cette pénurie alimentaire.
Il y a d’abord l’augmentation naturelle de la population mondiale. Il y a donc de plus en plus de gens à nourrir. La population vit aussi de plus en plus dans les villes : de plus en plus de gens désertent les campagnes. Ensuite, avec la hausse des prix du pétrole, le marché des agrocarburants s’est fortement développé. On cultive donc des plantes pour faire du carburant et plus pour nourrir les populations. Et comme les stocks des denrées alimentaires sont faibles, certains spéculent. En période de crise financière, de l’argent placé dans les denrées alimentaires peut rapporter de gros profits à ceux qui ont de l’argent à placer.
Dominique Strauss-Kahn, directeur du FMI, a affirmé : "si les prix de l'alimentation continuent à augmenter, les conséquences seront terribles. Des centaines de milliers de personnes vont mourir de faim... ce qui entraînera des cassures dans l'environnement économique."
Thierry Verhoeven

05 octobre 2007
Comment les riches détruisent la planète
Nous sommes à un moment de l’histoire qui pose un défi radicalement nouveau à l’espèce humaine : pour la première fois, son prodigieux dynamisme se heurte aux limites de la biosphère et met en danger son avenir. Vivre ce moment signifie que nous devons trouver collectivement les moyens d’orienter différemment cette énergie humaine et cette volonté de progrès. C’est un défi magnifique, mais redoutable.Or, une classe dirigeante prédatrice et cupide, gaspillant ses prébendes, mésusant du pouvoir, fait obstacle au changement de cap qui s’impose urgemment. Elle ne porte aucun projet, n’est animée d’aucun idéal, ne délivre aucune parole mobilisatrice. Après avoir triomphé du soviétisme, l’idéologie néo-libérale ne sait plus que s’auto-célébrer. Presque toutes les sphères de pouvoir et d’influence sont soumises à son pseudo-réalisme, qui prétend que toute alternative est impossible et que la seule voie imaginable est celle qui conduit à accroître toujours plus la richesse.
Cette représentation du monde n’est pas seulement sinistre, elle est aveugle. Elle méconnaît la puissance explosive de l’injustice, sous-estime la gravité de l’empoisonnement de la biosphère, promeut l’abaissement des libertés publiques. Elle est indifférente à la dégradation des conditions de vie de la majorité des hommes et des femmes, consent à voir dilapider les chances de survie des générations futures.
Pour l’auteur de ces pages incisives et bien informées, on ne résoudra pas la crise écologique sans s’attaquer à la crise sociale concomitante. Elles sont intimement liées. Ce sont aujourd’hui les riches qui menacent la planète.
Comment les riches détruisent la planète
Hervé Kempf
Editions du Seuil, 14 €.
Lu ICI : http://blogantipub.wordpress.com/2006/12/28/comment-les-riches-detruisent-la-planete/
http://blogantipub.wordpress.com/
01 septembre 2007
L’écœurante odeur du pouvoir
L’écœurante odeur du pouvoir
Mercredi 30 mai 2007 par Jean Dornac / Altermonde-levillage
Je ne parle pas de la souffrance que la vie, sans l'intervention des humains, nous impose ; je ne parle donc ni des maladies, ni des cataclysmes naturels ni de la mort. Mais pour le reste, quelles sont les raisons de la souffrance humaine, de tous les humains ? Certains diront que c'est la faute à tel ou tel système de société, et c'est vrai ; d'autres diront que c'est la volonté de Dieu, et là, c'est de la fumisterie. Mais dans tous les cas, à la base de ces souffrances, si innombrables partout sur la surface de la terre, nous trouvons les pouvoirs et la volonté de certains de se l'approprier, de s'en assouvir et de l'exercer en oubliant ou en refusant de considérer que nul n'a le droit d'agir en être « supérieur » face au reste des humains. La « supériorité » des uns par rapport aux autres n'a tout simplement pas lieu d'être ; ce n'est qu'une nouvelle et tragique fumisterie.
Cette notion de supériorité est directement issue, et seulement issue de la volonté de pouvoir qui n'est jamais rien d'autre que le résultat d'un incommensurable orgueil, d'une lamentable prétention au regard de la réalité de l'humanité et d'une stupidité sans bornes ni limites.
De quel pouvoir s'agit-il ?
De tous les pouvoirs, sans la moindre exception, pas seulement du pouvoir politique ! En voici quelques-uns qui appartiennent à ce vaste et écœurant domaine.
- Le pouvoir politique, bien sûr ;
- Le pouvoir, le plus souvent des hommes, au sein d'une famille ;
- Le pouvoir religieux ;
- Le pouvoir scientifique ;
- Le pouvoir médiatique ;
- Le pouvoir policier ;
- Le pouvoir militaire ;
- Même le pouvoir que veut déjà s'arroger un gamin sur ses petits camarades…
- Etc.
Dès qu'il y a recherche de pouvoir, il y a, inévitablement, recherche de domination sur les autres. Cela peut être relativement innocent, puisque cela dépend de l'intensité de l'orgueil, donc du caractère de celui qui prend ou « accepte » un pouvoir. Mais jamais, la prise d'un quelconque pouvoir n'est neutre, jamais ceux qui l'exercent et ceux qui le subissent n'en sortent totalement indemnes.
Dans les définitions les plus belles ou les plus naïves du pouvoir, celui-ci est présenté comme un service rendu . Il suffit d'écouter tous les discours de tous les milieux de pouvoir, politiques comme tous les autres, toujours vous entendrez le ou les élus dire combien cela représente une grande responsabilité, combien leur volonté est de rendre service à ceux qui leur ont fait confiance… Rendre service, oui, mais à qui ? Lorsque, avec du recul, on scrute la chose, le « service rendu » fut une chose vraie mais pour l'élu lui-même, ses amis, ses soutiens, ses commanditaires… C'est tellement commun qu'il devient difficile d'être crédible face aux citoyens ayant conservé un esprit critique suffisamment pointu.
Pourtant, parlant cette fois plus précisément de la politique, à chaque fois, une large part du peuple se laisse prendre à « cette petite musique », ce refrain de « l'homme providentiel qui nous sauvera de tout ! » le plus constant de toutes les propagandes. On en a encore eu une preuve éclatante lors des présidentielles de 2007, même une preuve lamentable, à vrai dire…
Pouvoir et corruption
Distinguer deux cas à propos de la corruption :
1) Le premier cas, le plus commun, celui auquel un certain nombre de détenteurs de pouvoir, notamment dans les milieux politiques, de la grande finance ou du monde des affaires cède, est soumis, en principe, mais rarement dans les faits, à jugement et condamnation en Justice. Je n'ai nul besoin de m'étendre sur ce sujet bien connu, hélas.
2) La corruption dont je veux parler à propos du pouvoir est plus subtile. C'est la corruption de l'esprit. C'est la volonté, peu à peu, d'imposer ses vues y compris par la force, la ruse, la propagande, les menaces et tout l'arsenal des assoiffés du pouvoir, y compris, en politique, comme on l'a trop vu au cours des cinq dernières années, par la loi. Chose qui, malheureusement, en France, avec le nouveau pouvoir qui s'installe, n'est pas prête de s'achever, tout au contraire.
C'est un vice directement lié à la volonté de pouvoir et son corollaire, la domination sur le peuple. L'humain qui veut le pouvoir veut aussi le garder parce qu'il est convaincu de détenir la vérité, parce qu'il ne doute plus qu'il est au-dessus des autres humains, de la plèbe, et parfois, comme c'est le cas pour GW Bush, cela va jusqu'à croire que c'est Dieu lui-même qui l'a choisi et l'inspire, voire lui parle directement. Tout cela rend ces humains, pourtant pas plus dignes, pas plus valeureux que nous tous, extrêmement dangereux pour la paix lorsqu'il s'agit de politiciens, pour la justice la plus élémentaire pour les autres détenteurs de pouvoir.
Alors, oui, je considère que le pouvoir, par sa nature même, corrompt inévitablement celui qui y goûte, celui qui en fait sa profession ou sa raison de vivre. Pour parler encore des politiciens, certains d'entre eux vivent cette corruption avant même d'exercer le pouvoir, d'autres subiront la corruption de l'esprit une fois qu'ils auront entre les mains la réalité du pouvoir… Dans tous les cas, cette tare est tragique et peut très mal finir.
La folie de ces gens de pouvoir ne serait pas bien grave si les individus formant les peuples ne s'obstinaient pas à « admirer » ces « puissants » ou si, ces citoyens bien trop nombreux réalisaient qu'un élu ne devrait pas se servir mais servir. Or, ce que nous voyons, à de très rares exceptions près, c'est précisément tout l'inverse. Mais on dirait que les peuples ne veulent pas comprendre, qu'ils préfèrent fermer les yeux et se boucher les oreilles. Un puissant qui n'a pas le soutien aveugle des citoyens est un impuissant ; le jour où chaque citoyen comprendra cela, des progrès humains pourront se réaliser, pas avant.
Pouvoir et violence, deux éléments indissociables
La nature même de ce qu'est le pouvoir réclame, tôt ou tard, l'usage de la violence. La raison en est d'une limpidité désarmante. Si on prend un petit pays comme la France, avec ses soixante millions d'individus, il serait illusoire d'imaginer que l'opinion et les volontés du détenteur du pouvoir seraient partagées unanimement. C'est rigoureusement impossible à cause des intérêts divergeant entre riches qui détiennent depuis toujours le pouvoir et les pauvres et plus évident encore, les pauvres n'ayant guère le moyen de se faire entendre, entre le pouvoir représentant d'une caste et l'opposition (aujourd'hui le PS, demain peut-être, à nouveau, l'UMP représentant d'une autre caste voulant le pouvoir, elle aussi. Cela tient de la jalousie, de l'orgueil frustré, et des rentes de situations qui ne s'accumulent pas ou plus…
Les différentes sortes de violences exercées
La violence du pouvoir Exécutif : A la fois physique et mentale.
L'exécutif ayant été « élu », même si c'est par une faible majorité, il estime avoir la légitimité et représenter la totalité du peuple. A partir de là, il n'admet pas d'opposition réelle ; l'opposition politique et politicienne ne peut le gêner puisque de toute façon, les partis qui ont « vocation à gouverner » ne se contenteront que de paroles et plus que rarement d'actes pouvant mettre en péril la possession du pouvoir par le locataire du moment à l'Elysée. Chacun joue sa partition en attendant l'échange de places...
En revanche, si la rue, la plèbe, les petits en somme, se permet de remettre en cause la réalité du pouvoir autrement que par la bien innocente et impuissante voie des urnes, alors, l'exécutif usera de toute la violence médiatiquement acceptable. Ce sera, dans la majorité des cas, par l'entremise de la police qui, ces dernières années, est devenue de plus en plus sauvagement répressive. Il n'est que le pouvoir qui fasse semblant de n'avoir rien vu et, pour cause, puisque c'est lui (celui de Chirac comme déjà celui de Sarkozy) qui donne les ordres. Comme il est probable que passé le délire actuel du peuple en faveur du nouvel élu les choses se gâteront sérieusement, il n'est pas exclu que ce nouveau pouvoir ne fasse rapidement appel à la violence instituée. On verra…
La violence du pouvoir législatif : Essentiellement mentale.
On pourrait être étonné en lisant ce sous-titre. Pourtant, s'il n'y a pas violence physique, il y a violence morale au travers des lois votées, je dirais plutôt imposées. Et puis, il y a l'impossibilité mathématique de l'existence d'une opposition sérieuse en raison du système majoritaire interdisant toute proportionnelle réelle. C'est très pratique pour assurer la pérennité et la stabilité d'un pouvoir, mais c'est tragique au vu de ce que devrait être la démocratie. En fait, l'Assemblée Nationale n'est plus rien d'autre qu'une chambre d'enregistrement des volontés de l'exécutif. Il est à remarquer qu'en dépit des prises de positions régulières de l'opposition (droite comme gauche lorsqu'elles sont dans cette situation) le système majoritaire convient très bien aux partis et nul n'a la réelle volonté de changer de système une fois arrivé au pouvoir.
La violence du pouvoir judiciaire : Essentiellement mentale.
Les liens entre le pouvoir judiciaire et l'exécutif ne peuvent pas être ignorés ou niés. D'abord, parce que les acteurs de ces deux pouvoirs sont, pour l'essentiel, issus des mêmes castes privilégiées et défendent donc, pour une large part, les mêmes intérêts, les mêmes convictions. Ensuite, l'exécutif, par le biais du pouvoir législatif, fait les lois et donc La Loi. Le pouvoir judiciaire applique La Loi.
Certes, parmi les magistrats on trouve des gens qui gardent une certaine indépendance. Mais combien sont-ils ? Il suffit de voir ce qui se passe depuis cinq ans pour comprendre que la justice au travers d'un certain nombre de magistrats applique les ordres venus de l'exécutif. Combien d'innocents, accusés « d'outrage et rébellion » par des policiers ont été aveuglément condamnés ? Combien de pauvres hantent les sinistres couloirs et cellules des prisons, parce qu'ils sont pauvres ?
A mes yeux, tout cela n'est qu'abominable violence contre des citoyens totalement démunis.
La violence du pouvoir pénitentiaire : A la fois physique et mentale.
Dernière roue du pouvoir des gouvernants, la prison. On sait, sauf à être d'une mauvaise foi absolue, que cette dernière, en France, est une tragédie pour tout condamné à y séjourner. On a vu qu'un tiers de « présumés innocents » sont broyés dans les prisons françaises ; on sait le nombre de suicides de détenus n'en pouvant plus ; on sait l'horreur qu'est la surpopulation carcérale. Mais nos gouvernants n'en ont cure : Par volonté d'autoritarisme, par volonté de domination absolue, seule justification de la « tolérance zéro », le pouvoir veut plus de condamnations, toujours plus… Cette violence n'est pas que mentale, elle est aussi physique, le nombre de morts en prison atteste de cette tragique vérité.
La violence médiatique : Mentale.
On pourrait penser que c'est la plus innocente des violences. Au niveau physique, c'est évident, il n'y a pas violence. Mais parce qu'une grande partie des médias appartient aux mêmes castes que celles des gouvernants, elle exerce depuis un certain nombre d'années une violence psychique grave au travers de la propagande continuelle qu'elle impose à ceux qui ont l'énorme tort de lui faire encore confiance.
Par exemple, la « sarkolâtrie » en cours amène un grand nombre de citoyens à « être satisfaits » du nouveau gouvernement comme du nouveau locataire de l'Elysée alors que rien n'a encore été fait ! Les gens sont donc satisfaits du vide ! Soumis à l'intense propagande en images, en sondages, en flagorneries incessantes des commentateurs et experts, nos concitoyens, charmés par le « cinéma à l'américaine » de notre nouvel exécutif se bercent d'illusions fatales.
Rappelez-vous aussi des insultes proférées par certains éditorialistes contre les électeurs après la défaite du « oui » au référendum…
La répétition, tous les jours, de la propagande du pouvoir, c'est de la violence contre les consciences, et je pourrais même dire sans risque de me tromper, c'est un viol des consciences.
Conclusion
Compte tenu de tout ce que je viens d'écrire, je persiste et dis que le pouvoir traîne derrière et autour de lui une odeur écœurante, une odeur nauséabonde.
Au point où nous en sommes, la situation semble désespérée. Les peuples, on l'a vu en France au mois de mai, courent, volent, feraient n'importe quoi pour voter et offrir le pouvoir à des gens sans scrupules qui n'ont comme dessein que de dominer le peuple entier et à en écraser la part la plus pauvre. Ma déception de voir l'UMP au pouvoir est moins grande que de voir cette incroyable folie de la majorité d'un peuple qui a voté, puis a fêté, et est déjà satisfait du nouveau pouvoir avant même qu'il n'ait fait quoi que ce soit d'autre que de parader devant les écrans et les objectifs des appareils photographiques… Par moments, j'ai l'impression qu'un voile ténébreux s'est emparé des esprits pour qu'ils s'enchaînent eux-mêmes, pour qu'ils désignent eux-mêmes leurs juges et leurs futurs bourreaux…
Pour tous ceux qui refusent cette fatalité tragique, il est évident qu'il faut lutter contre ce pouvoir et, au-delà, malgré le temps qu'il faudra, contre l'essence même du pouvoir à quel que niveau qu'il soit.
Les moyens ne sont pas nombreux :
- Le moyen « animal », c'est-à-dire la violence par la force, ce que je réprouve et rejette pour ma part ;
- La désobéissance civile et la non-violence ;
- La création patiente, nécessairement longue, d'alternatives à tous ces pouvoirs.
Il s'agit ni plus ni moins, et je mesure la complexité de cette véritable « œuvre », de trouver les moyens nécessaires pour rendre tout pouvoir inutile. Cette route est désespérément longue, mais ce sera le prix à payer si nous voulons que d'autres générations n'aient pas à subir ce que l'humanité subit depuis toujours, le prix à payer pour vivre libres et casser la tyrannie, quels que soient les habits dont elle se revêt.
28 mai 2007
Refuser la misère
http://www.oct17.org/Comptez-sur-moi-aussi.html
Misère
Dans ce monde de misère
Où tout est bénéfice
Où gronde la colère
Où tout est sacrifice
La vie n'est pas facile
Quand on est tout petit
Une chose inutile
Et qui n'a pas de prix
Faut-il tant de souffrance
De labeurs, de brimades
Pour gagner sa pitance
Ils ne veulent pas l'offrande
Ils cherchent un peu d'espoir
Est-ce trop demander ?
Du respect et des égards
Est-ce trop espérer ?
La vie n'est pas facile
Quand on est de ceux là
De ceux qui sont fragiles
De ceux qu'on n'entend pas
Comment trouver le bonheur ?
Quand on regarde autour de soi
Tant de gens qui se meurent
Ignorés par les lois.
M.N
18 mars 2007
Chant révolutionnaire
L'Internationale
Debout les damnés de la terre!
Debout les forçats de la faim!
La raison tonne en son cratère,
C'est l'éruption de la fin.
Du passé, faisons table rase,
Foule esclave debout! debout!
Le monde va changer de base:
Nous ne sommes rien, soyons tout!
Refrain
C'est la lutte finale,
Groupons-nous, et demain
L'Internationale,
Sera le genre humain.
C'est la lutte finale,
Groupons-nous, et demain
L'Internationale,
Sera le genre humain.
II
Les rois nous saoulaient de fumée,
Paix entre nous, guerre aux tyrans!
Appliquons la grève aux armées,
Crosse en l'air et rompons les rangs!
S'ils s'obstinent ces cannibales,
A faire de nous des héros,
Ils sauront bientôt que nos balles
Sont pour nos propres généraux!
(Au refrain)
III
Il n'est pas de sauveurs suprêmes,
Ni dieu, ni César, ni tribun,
Producteurs, sauvons-nous nous-mêmes!
Décrétons le salut commun!
Pour que le voleur rende gorge,
Pour tirer l'esprit du cachot,
Soufflons nous-mêmes notre forge,
Battons le fer quand il est chaud!
(Au refrain)
IV
L'Etat comprime et la loi triche,
L'impôt saigne le malheureux;
Nul devoir ne s'impose au riche,
Le droit du pauvre est un mot creux:
C'est assez languir en tutelle,
L'Egalité veut d'autres lois:
" Pas de droits sans devoirs, dit-elle,
Egaux, pas de devoirs sans droits! "
(Au refrain)
V
Hideux dans leur apothéose,
Les rois de la mine et du rail
Ont-ils jamais fait autre chose
Que dévaliser le travail?
Dans les coffres-forts de la bande,
Ce qu'il a créé s'est fondu,
En décrétant qu'on le lui rende,
Le peuple ne veut que son dû
(Au refrain)
VI
Ouvriers, paysans, nous sommes
Le grand parti des travailleurs;
La terre n'appartient qu'aux hommes,
L'oisif ira loger ailleurs.
Combien de nos chairs se repaissent!
Mais si les corbeaux, les vautours,
Un de ces matins disparaissent,
Le soleil brillera toujours!
(Au refrain)
Eugène Pottier© (1816-1887)
Ajout...un siècle plus tard) par: Jean-Claude Sestier
VII
La monarchie républicaine
Instaurée par des renégats
Profite à ces énergumènes
Et nous payons les dégâts.
Que les courtisans se déchirent,
Par suicide et meurtre au sérail,
Pointons les en ligne de mire
Et donnons leur du vrai travail!
(Au refrain)
VIII
Quoi de plus cruel que de croire
Toute une vie en des truands
Qui ne recherchent que des poires
Afin de les saigner à blanc!
Laisserons-nous tous ces vampires
Finir leur vie sans châtiment?
Ces bouffons ne nous font pas rire,
Le sang se lave par le sang!
(Au refrain)
Jean-Claude Sestier©
08 mars 2007
Aung San Suu Kyi
Aung San Suu Kyi
« Le développement authentique des êtres humains exige bien autre chose que la simple croissance économique.
Il repose essentiellement sur le sentiment de responsabilité et l’épanouissement intérieur de chacun.
Alors seulement les valeurs culturelles et humaines retrouveront leur place
dans un monde où le pouvoir politique est trop souvent
synonyme de tyrannie au service d’une petite élite.
La participation des gens aux transformations sociales et politiques
est la question cruciale de notre temps.
Cet objectif ne pourra être atteint que par des sociétés qui privilégient
l’être humain plutôt que le pouvoir, la liberté plutôt que le contrôle.
Dans une telle optique, le développement passe par la démocratie,
véritable émancipation des peuples. Une fois cet objectif atteint,
la culture et le développement contribueront tout naturellement à
créer un environnement où la valeur de chacun est reconnue et
où tout être humain peut réaliser son potentiel propre. »
21 février 2007
Louise Michel
MICHEL Louise, dite ENJOLRAS Née le 29 mai 1830 à Vroncourt-la-Côte (Haute-Marne), morte le 9 janvier 1905 à Marseille (Bouches-du-Rhône) ; combattante de la Commune de Paris, puis militante anarchiste Modèle de courage et de dignité Louise Michel, originaire de la Haute Marne, milita dans l'opposition républicaine et participa activement à la Commune de Paris (mars à mai 1871). Mais elle fut aussi précurseur dans la lutte pour l'égalité et prit part aux premiers combats anticolonialistes. "La tâche des instituteurs, ces obscurs soldats de la civilisation, est de donner au peuple les moyens intellectuels de se révolter."
Louise Michel, animée par la passion de la vie, se dévoua pour que le monde soit libéré du racisme, de l'injustice, et de la violence
(Louise Michel / 1830-1905 / Mémoires / 1886)
PENSÉE DERNIÈRE
"En plongeant dans le passé, on le voit se joindre à l'avenir comme les deux extrémités d'un arc de cercle, et ce cercle, pareil aux ondes sonores, en éveille d'autres à l'infini.
Émiettées de par le monde ( de l'Inde antique jusqu'à nous ), les sciences perdues vont-elles germer ou sont-elles mortes dans la fleur ?
Faut-il attendre d'effluves nouvelles d'autres recommencements ? Suffira-t-il de retourner le sol pour donner aux germes du renouveau les conditions propres à l'existence ?
Combien de civilisations ont sombré, combien d'hypothèses scientifiques se sont renversées devant d'autres hypothèses !
Pourtant, allons, allons toujours ! N'a-t-on pas de quoi éteindre la lutte pour la vie ? de quoi remplacer l'anxiété des estomacs, la misère générale par le bien-être général ?
D'ailleurs, les cerveaux devenant plus que jamais avides, il faudra bien pour les satisfaire que brille l'Ère nouvelle.
Si l'amour de l'humanité est impuissant à faire sonner l'heure libératrice à l'Horloge fraternitaire -- heure où le crime n'aura plus de place -- l'indignation s'en chargera.
Là haine est pure comme l'acier, forte comme la hache ; et si l'amour est stérile, vive la haine ! "
Louise Michel
13 janvier 2007
Fais front
Image Léa Rivière
° Fais FrOnt °
Aux regards inquisiteurs, qui cherchant à forcer ta pudeur légitime,
voudrait pouvoir t'enfermer dans une caricature de psychologie -
toujours plus simpliste, toujours plus liberticide.
Fais front !
Aux gardiens de troupeau qui, soit par les yeux doux, soit par les crocs,
s'efforcent de te ramener vers leur « droit chemin »,
ignorant que ce chemin n'existe que dans leurs esprits médiocres.
Fais front !
Aux chantres de la morale, laïques ou religieux,
qui masquent leur frayeur puérile derrière des conceptions
aussi fantaisistes que péremptoires.
Fais front !
Aux « grands enfants » qui, voulant jouer l'innocence,
démontrent en fait leur immaturité.
Fais front !
Aux pseudo-arlequins, dont les facéties et les grimaces,
ne sont pas le reflet d'une réelle légèreté mais celui d'un manque de profondeur.
Fais front !
Aux unijambistes moraux, qui ne jurant que par l'amour et la lumière,
là-même où les ténèbres règnent manifestement,
méconnaissent l'ambivalence fondamentale de tout cycle vital.
Fais front !
Aux érudits, et autres perroquets savants,
qui confondent l'intelligence avec cet amas de connaissances -
aussi inutile qu'encombrant pour un esprit libre -
et sur lequel pourtant ils fondent leur vanité.
Fais front !
Aux esprits morts-nés, qui partant d'une révolte légitime, et d'une lucidité vertueuse,
ont fini par céder aux pesanteurs du réel,
sombrant dans un cynisme et un fatalisme dont ils semblent vouloir recouvrir le monde.
Fais front !
A tous ceux qui ne « demandent qu'à croire »,
et préfèrent se réfugier dans une idéologie grégaire et sédentaire,
plutôt que de chercher ce trésor intérieur, qui leur permettrait de fonder
une philosophie aussi personnelle que vivante.
Fais front !
Aux « bons vivants » qui se targuant d'être naturels et sociables ne font
en fait que manifester leur vulgarité et leur instinct grégaire.
Fais front !
Garde toujours foi en toi-même, sois fidèle à ton idéal du présent,
fier de ta différence, tout en évitant toute exposition vaniteuse.
Toujours prêt à aider tes compagnons d'arme, et ne cherchant ni aide,
ni refuge au sein des coeurs vulgaires, continue à arpenter orgueilleusement
ces terres inconnues et illimitées qui forment ton champ de bataille et ta seule véritable destinée.
http://www.danse-ange-rebelle.net
28 octobre 2006
Histoire belge
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